ItalianoHrvatskiEnglishFrançaisDeutchEspañolPortuguesePo PolskuSlovakia     

 

Giuliano

Je suis Giuliano et je viens d’une famille humble; je suis le second de trois frères. Depuis l’enfance je me suis toujours distingué pour les difficultés que j’avais à m’insérer dans les groupes. Les règles n’étaient pas mon fort et déjà à douze ans j’étais celui qui rentrait le plus tard à la maison, sans peur des conséquences, qui souvent me causaient quelque belle gifle. J’abandonnai très vite l’école: je préférais le travail à l’étude. Marié très jeune je n’assumais pas mes responsabilités et je prenais soit la vie soit la famille très superficiellement. Après seulement deux ans, le divorce est arrivé: j’abandonnai la famille en m’attachant toujours plus aux choses matérielles, et je m’imaginais compenser les faiblesses et les insécurités que je vivais en fortifiant le physique avec la gymnastique. J’abandonnai aussi le travail fixe pour me consacrer à celui des discothèques. Le pas pour masquer mes malaises avec les drogues fut très bref. Bien vite je compris dans quel enfer j’étais entré, mais maintenant j’étais trop faible pour arrêter et retourner à une vie normale.
Bien vite les problèmes avec la justice arrivaient aussi et j’arrivai à toucher du doigt ce dont jusqu’alors j’avais seulement entendu parler: la privation de la liberté.
En me trouvant enfermé en prison entre quatre murs, je commençai à être conscient du mal que j’avais semé autour de moi et je me sentais écrasé par la tristesse et la solitude, humilié, sans plus l’amour de quelqu’un près de moi. L’amitié s’appelait convenance, intérêt. Ensuite arriva la liberté, celle du corps, mais l’esprit et le coeur étaient toujours plus prisonniers et chargés de nombreuses peurs et colères pour ce que j’avais vécu dans ce lieu. Ainsi, avec le passage des années, je tombais toujours plus bas.
Une année, peu de temps avant Noël, quelque chose ou quelqu’un me poussa à m’enfermer dans ma maison, à m’écarter de celles qui étaient mes amitiés fausses, et après environ deux semaines, affaibli physiquement et mentalement, je sentis réémerger en moi fortement le désir de revoir mon fils mineur, lequel depuis quelques années vivait et travaillait avec mon frère après avoir rompu les ponts avec moi. A ma grande surprise, à la veille de Noël, j’entendis sonner la sonnette: j’ouvris la porte et je vis mon fils avec ma belle-soeur. Il semblait, je me rappelle très bien, que mon coeur allait éclater mais je ne me rendais pas encore compte que pour la ennième fois le Seigneur me tendait la main. En effet, à peine m’avaient-ils dit que si je voulais leur aide, je devais accepter de faire le chemin en Communauté, que je montai sur mes grands chevaux! Ensuite, face à leur fermeté, il ne me resta plus qu’à accepter et faire confiance parce que maintenant j’avais touché vraiment le fond et je me sentais totalement à la dérive.
Ainsi je commençai ce chemin qui se présentait pour moi très en côte et pénible. Il y avait de nombreuses fois où je m’enfermais dans la salle de bain pour pleurer, à cause du fait que je n’acceptais pas par orgueil les vérités qui m’étaient mises en face; je n’acceptais pas les insécurités que j’étais en train de vivre, les peurs qui se présentaient à moi quand venait le moment de dire sincèrement à un frère ce que j’étais en train de vivre. Mais, peu à peu, je commençai à ressentir la nécessité de m’ouvrir, de demander de l’aide à un ami, un ami capable de me donner un peu de paix après tant d’années vécues en guerre avec moi-même et avec le reste du monde. Ainsi j’entrai en dialogue avec Jésus, dans nos rendez-vous de prière nocturne, pour lui ouvrir mon coeur et le laisser entrer, en mettant dans ses mains mes péchés, les joies, les douleurs, les pauvretés et ma vie elle-même. Et j’ai rencontré l’Ami qui m’accepte comme je suis, avec mes dons et mes défauts, qui me pardonne en me donnant cette paix et cette sérénité que je cherchais depuis toujours.
C’est beau pour moi de contempler aujourd’hui avec étonnement ce que je suis en train de vivre, le miracle que Jésus est en train d’opérer en moi à travers la Communauté: mes nombreuses blessures sont en train de se cicatriser, beaucoup de choses sont en train de changer en moi, je me sens un homme nouveau, capable d’aimer. Je suis heureux d’avoir remis le désastre de mon passé à la miséricorde de Dieu et de pouvoir tourner ainsi avec confiance le regard vers le présent et l’avenir. Je vis la joie dans le coeur à cause de la décision prise en son temps de donner mon “oui” à la Communauté, à cette vie simple où je me sens une personne tellement aimée, désireuse de continuer à apprendre de nouvelles choses pour devenir toujours plus capable de me donner à mon prochain. Je désire remercier Dieu le Père de tout mon coeur, d’avoir appelé Mère Elvira à donner sa vie pour sauver les nôtres de la mort du coeur et de celle de notre corps. Je remercie Marie, ma Mère, parce que, aujourd’hui, je me sens à nouveau un vrai père pour mes enfants. Je remercie Jésus parce que je sens sa présence amicale constamment près de moi, présence qui m’aide à vivre dans la vérité et dans la cohérence, en surmontant les limites et les difficultés que je rencontre tous les jours sur mon chemin.

Print this pagePrint this page