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S'eduquer pour eduquer

L’ENFANT PARFOIS
PLEURE POUR SE REBELLER
CONTRE LE SILENCE
D’UNE FAMILLE OU IL N’Y A PAS DE DIALOGUE.
PAPA ET MAMAN SONT LA, MAIS SONT ELOIGNES
L’UN DE L’AUTRE...
LES ENFANTS N’ENTENDENT PAS
LEUR VOIX ET, A UN CERTAIN MOMENT,
ILS ONT PEUR DU NEANT
                                                    MERE ELVIRA


Dans ces pages dédiées aux questions éducatives, nous retenons quelques idées simples et concrètes tirées des enseignements de Mère Elvira aux jeunes
sur l’importance de l’éducation.
Nous croyons que ces réflexions, nées de l’expérience vécue, peuvent nous aider à rendre de l’importance et de la valeur aux gestes simples mais fondamentaux
de notre vécu.

L’unité est la vraie force
C’est très important que la Maman et le Papa soient unis dans l’éducation des enfants, qu’ils s’aiment, qu’ils se respectent toujours et en particulier quand ils sont face aux enfants.
Même si nous avons le coeur qui saigne à cause d’une souffrance vécue, quand nous sommes face aux enfants, nous ne pouvons pas nous laisser vaincre par les tensions, être distraits  et ailleurs avec le coeur, rester accrochés au litige qui vient d’être vécu avec notre mari ou notre femme. Nous ne pouvons pas le faire payer aux enfants! Je me souviens qu’une fois j’ai rencontré un grand garçon de seize ans  obligé de rester dans une chaise roulante à cause d’un accident qu’il avait eu petit. J’ai vu que sa Maman et son Papa étaient très tristes, ils n’étaient pas sur le même diapason, j’ai perçu qu’ils ne se parlaient pas, mais que par contre le grand garçon souriait. Je lui ai demandé: “Qu’est-ce qui te manque?”; moi je pensais qu’il me dirait “ Courir, jouer au ballon” et au contraire il m’a dit: “Rien”.
Alors je me suis dit: “Nous adultes, nous sommes de vrais malades quand nous ne nous regardons plus dans les yeux avec l’excuse que nous devons penser aux enfants”. En agissant ainsi, nous leur faisons du mal. Cela arrive parce que beaucoup de fois dans les familles il manque une vraie qualité d’amour, un amour qui fait voir aux enfants le beau, le bien, l’harmonie, qui développe en eux la confiance en eux-mêmes et dans la vie. Nous devons aller au coeur de l’être de mères et de pères qui est une chose intérieure, qui est une dimension de l’âme qui nous rend équilibrés, matures, enveloppés de compassion, de tendresse, de paix intérieure. Je le dis surtout aux mamans: soyez porteuses de paix, avant tout de la paix en vous.
L’enfant pleure parfois pour se rebeller contre le silence, contre la solitude d’une famille où il n’y a pas de dialogue, où il n’y a pas d’unité. Papa et Maman sont là, mais ils sont éloignés l’un de l’autre, ils ne se parlent pas, ne se sourient pas. Les enfants n’entendent pas leur voix et à un certain moment ils ont peur du néant. Quand l’enfant pleure, essayez de chanter, de chanter avec joie non pour le faire taire, mais pour lui dire que Maman et Papa sont là et que lui peut être tranquille parce qu’il n’est pas seul, parce que personne ne lui fera de mal.
A vous, mesdames, je veux rappeler une chose importante: quand un enfant arrive, ne tournez pas le dos à votre mari, ne le marginalisez pas. Vous comme mères, vivez la gratification parce que l’enfant est né de vos entrailles, mais il y a aussi les papas, vos maris, qui ont besoin de vous, de votre amour, de votre présence. Parfois le papa se sent marginalisé parce que vous avez toujours l’enfant dans les bras et que vous ne l’embrassez plus, lui, parce que vous êtes occupée à changer l’enfant au point d’oublier les besoins de votre mari.
Une femme mature, complète, ne peut séparer son rôle de mère de celui d’épouse, l’une complète l’autre. Vous devez être mères en continuant à dialoguer avec l’époux, en étant de bonnes épouses en disant à votre mari: “S’il te plaît, tu me passes le biberon? Tu m’aides à changer l’enfant?”. Vous devez impliquer l’homme dans ce mystère qui est advenu en vous, parce que l’homme n’a pas porté l’enfant dans son ventre, il ne l’a pas senti pendant qu’il remuait dans l’utérus  et il a donc besoin d’être impliqué, de prendre part tout de suite à l’éducation de l’enfant. On ne met pas au jour un enfant pour exclure le mari, mais pour être impliqués ensemble dans son éducation. L’enfant a très besoin d’ entendre que la Maman parle du Papa et qu’elle dit toujours de lui des choses positives. Si vous devez clarifier quelque chose avec votre mari, faites-le sans que l’enfant n’entende la maman réprimander ou parler mal du Papa.
En ce propos, je sens de devoir remercier beaucoup ma mère parce qu’elle a toujours transmis à moi et à mes frères un grand amour respectueux pour notre père. Lui avait le vice de la boisson et parfois il venait me chercher à l’école ivre. Moi j’avais honte parce que les autres enfants le voyaient arriver en titubant et me disaient: “Regarde, ton père est de nouveau ivre”. Pourtant ma mère n’a jamais dit devant nous: “Maintenant, cela suffit, je le quitte parce qu’il est alcoolique”, mais au contraire elle nous a toujours dit: “ Il est votre père, respectez-le!”. Elle connaissait la pauvreté de notre père et en souffrait, mais elle nous a toujours transmis le respect envers lui parce que cela était fondamental pour nous, pour notre croissance humaine.
Avoir à coeur l’importance de l’unité dans les moments de difficulté est fondamental pour affronter et surpasser les problèmes du chemin: très souvent les garçons que nous accueillons nous témoignent de la division profonde entre père et mère, le non respect, le rejet des responsabilités. Le “toxico”, pour choisir la route du bien et pour se sauver, a besoin de cette incitation que souvent il n’a jamais eue, il a besoin que ses parents soient unis, accordés et déterminés dans l’affrontement de son problème.
Je sais qu’être parents n’est pas facile, personne ne nous enseigne à éduquer les enfants et malheureusement nous faisons beaucoup d’erreurs, mais je voudrais que nous comprenions que tout part de l’unité du couple, des parents. L’enfant qui voit le Papa et la Maman d’accord est un enfant serein, il sera un homme heureux et en rendra beaucoup heureux et ainsi le jeune, qui voit le père et la mère unis face à ses problèmes, comprend que leur unité devient sa force pour les affronter et les résoudre.
( d’une catéchèse de Mère Elvira)

Pour établir un lien éducatif, il faut une rencontre qui suscite une relation personnelle: il ne s’agit pas de transmettre des notions abstraites, mais d’offrir une expérience à partager...
La relation éducative exige patience, gradualité, réciprocité étalée dans le temps. Elle n’est pas faite d’expériences occasionnelles ni de gratifications immédiates.
Elle a besoin de stabilité, de projet courageux, d’engagement durable...
Dans l’oeuvre éducative de l’Eglise émerge avec évidence le rôle principal du témoignage, parce que l’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, et s’il écoute les maîtres, il le fait parce qu’ils sont aussi des témoins crédibles et cohérents de la Parole qu’ils annoncent et vivent...
                                     Conférence Episcopale italienne – Eduquer à la vie bonne de l’Evangile

Unité!  En repensant un peu aux années vécues en Communauté, surtout en mission, j’ai beaucoup d’exemples sur l’importance de l’unité. Je vois par les récits des enfants qui parfois ont la nostalgie de certaines périodes vécues avec nous, et c’était précisément celles où nous étions peu, avec beaucoup d’enfants, mais nous cherchions à nous aimer entre nous, en sachant que cela nous ferait surmonter les difficultés et aussi les “rebellions” des enfants. Plus nous jouions, riions et proposions des choses nouvelles à vivre ensemble pour grandir dans le bien, plus nous réussissions à être heureux aussi dans les moments douloureux, de croix. Même la souffrance ne nous privait pas de la joie et les enfants étaient les plus heureux de cela, parce que comme dans toutes les familles nous aussi nous ne vivons pas toujours l’unité et les enfants nous enseignent que précisément c’est leur grande blessure.
Quand je vois qu’un enfant commence à rappeler avec trop de nostalgie les moments du passé, c’est comme une alarme pour moi: je me fais la réflexion qu’aujourd’hui il ne se sent pas heureux et cela signifie qu’il ne voit pas l’amour, l’unité entre nous adultes. Jésus nous a dit: “Où deux ou trois sont unis en mon nom, moi je suis au milieu d’eux”. Où il y a Jésus, il n’y a pas de litige, de colère, de bouderie: toutes ces choses se vivent mais après elles passent et il reste le bien, la paix, le sourire, l’unité.
                                                                                                             Alzbeta

Voici d’où nous sommes partis: mariés respectivement à vingt-quatre et dix-neuf ans, tout de suite parents mais sans la foi, point de référence et source pour savoir comment affronter la vie. En quelques mots: sans Dieu entre nous, l’amour aussi s’est dissipé comme une bulle de savon, parce que basé sur les choses à faire et à démontrer à nous-mêmes et aux autres. Ceci nous a amenés à être toujours plus lointains et fermés entre nous, égoïstes, aveugles, en compétition continuelle et inconsciemment deux marionnettes dans les mains du mal. Nos vies couraient sur deux rails dans des directions toujours plus divergentes et cela se répercutait aussi dans les décisions familiales, parce que nos idées étaient pour des motifs évidents diamétralement opposées. Malheureusement dans cette énorme division, ce sont nos deux filles Giorgia et Giulia qui ont le plus souffert. Mais Marie, précisément à travers les grandes peines de Giorgia, a frappé à la porte de nos coeurs! Nous sommes arrivés au Cenacolo vraiment détruits, après avoir tout essayé et même plus pour essayer de redresser une situation qui désormais paraissait irrémédiable. La proposition de la Communauté de reconstruire notre famille depuis le début, en la fondant cette fois sur le “rocher” de la foi, source de notre unité, est depuis lors notre engagement et objectif quotidien, mais que de peine et que de rechutes!
Après une dizaine d’années de chemin nous pouvons dire sans hésitation que ce “chapelet béni” prié ensemble est notre salut. Il nous a été proposé à peine arrivés en Communauté: “Parents, priez ensemble”. A nous qui étions “bien” éloignés, il était demandé d’être proches! Mais dans ces “Ave maria”, récités ensemble l’un après l’autre, petit à petit nos vies se sont réunies et nous avons découvert le don que nous sommes l’un pour l’autre, en apprenant à nous lire dans le coeur. Aujourd’hui tout est moins fatiguant et pesant, et les décisions prises en communion sont une vraie force pour nos filles. Une famille unie en Dieu, a la lumière, cette lumière qui t’indique parmi tant de routes, celle qui est juste. Chaque samedi, en participant au groupe des parents, nous mettons une brique après l’autre pour renforcer ces fondations de notre maison qu’il y a vingt-neuf ans, nous avions construite sur le sable! Dieu nous laisse libres, mais si nous le choisissons...rien ne Lui est impossible!
                                                                                        Antonella et Giuseppe

J’ai grandi dans une famille très unie, j’étais le dernier de trois enfants, très gâté et chouchouté par tous. Depuis tout petit, quand ma mère me refusait quelque chose, j’accourais chez mon père et vice-versa, en réussissant quasi toujours à obtenir ce que je voulais.
Ce comportement, qui ne suscitait pas de grosses préoccupations, se révéla de manière plus sérieuse et dangereuse quand je fus plus grand. Quand j’ai totalement sombré dans la drogue, ma mère s’est rendu compte de ma situation et voulait intervenir mais moi, en parlant avec mon père, je réussissais toujours à le persuader en minimisant la chose. La division que je voyais entre eux était ma force pour continuer à les tromper, et empêchait l’efficacité de leurs tentatives pour m’aider. Mais tout a changé quand la Communauté leur a dit que s’ils voulaient me sauver, ils devaient être unis. J’avais déjà commencé les entretiens mais j’étais sûr que, d’une façon ou l’autre, je pourrais les convaincre de renoncer. Cette certitude tomba quand un jour j’appelai un “ami”, qui en réalité avait les mêmes problèmes que moi, qui était considéré “comme il faut” par ma famille, pour qu’il parle avec mes parents et les convainque de ne pas me faire entrer.
Je me souviens de ce jour où ma mère et mon père souffrants mais unis, assis sur le divan, se tenaient par la main et avec décision et fermeté confirmaient à chaque phrase l’importance que j’entre en Communauté à tout prix. Dans le geste de se prendre par la main il y avait le signe de leur unité qui brisa toute ma sécurité. Aujourd’hui comme alors ce geste reste l’exemple d’unité du couple à l’heure de la croix, de la souffrance. Pour le première fois je vis, mais surtout je sentis, ma famille vraiment unie et décidée pour sauver ma vie. Je ne vis pas d’autre possibilité que de suivre ce qu’ils me disaient.
Ces moment restent des enseignements très importants aussi pour ma vie d’aujourd’hui, parce que j’ai expérimenté que vraiment, où il y a l’unité, le mal ne réussit pas à entrer et la force de Dieu trouve la route juste pour agir.
                                                                                                           Fabio

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