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Cardinale Schonborn - Homélie

CARDINAL SCHONBORN
Homelie
Chers  Frères évêques, prêtres, diacres, séminaristes, chers frères et sœurs, « Je ne possède ni or ni argent, mais ce que j’ai je te le donne ». Cette communauté a débuté sans or ni argent… mais ce qu’elle a, elle vous l’a donné : Jésus. La richesse qui est à l’origine de cette communauté : Jésus ressuscité, mort pour nous et ressuscité pour nous, ceci est la richesse de cette communauté ! Et quand on assiste à la Fête de la Vie, on ne peut faire autrement que sauter en louant Dieu. Je ne sais pas sauter comme Mère Elvira, je ne suis pas aussi jeune… » Ils furent emplis d’émerveillement et de stupeur par ce qui leur était arrivé » ! C’est cela la richesse de l’Evangile, la richesse de l’Eglise, splendide épouse du Christ, même si parfois si méconnue et aussi tant blessée par nos faiblesses, nos péchés. J’ai vu cet après-midi le film de la reconnaissance de la Communauté : jamais vous n’avez été hors de l’Eglise ; toujours dans le coeur de l’Eglise, mais à présent le Pape, le successeur de Pierre, vous a reconnu comme élément vivant du  cœur de l’Eglise, et ceci est un motif de grande joie.
« Je ne possède ni or ni argent, mais ce que j’ai, je te le donne « : au début de cette communauté, il y a un acte, un geste, un don. C’est toujours comme cela, la richesse de l’Evangile se communique toujours à travers un don. Le Pape Jean-Paul II le disait souvent,  Benoit XVI l’a répété ; j’ai trouvé dans ma chambre un texte de la Pentecôte de l’année dernière, dans lequel Benoit XVI parlait du don de soi. Au départ il y a toujours un don, il y a toujours le geste du Bon  Samaritain, geste qu’il n’avait pas prévu, qu’il n’avait pas programmé dans le cours de son voyage, probablement de commerce :  il avait des choses à faire, un calendrier, un projet, des impératifs, il devait avancer… mais il est arrivé quelque chose et il l’a acceptée, il a dit « oui ». Et de ce « oui », toujours nait dans la vie de l’Eglise une vie nouvelle. Le pape Benoit XVI dans son homélie lors des funérailles de Jean-Paul II – il était encore le cardinal Ratzinger- a fait cette très belle prédication sur le « oui » répété et renouvelé de Jean-Paul II, de Karol Wojtyla, durant sa vie : il y avait toujours, de nouveau, un « oui », qui l’a conduit à la fin à devenir le successeur de Pierre, et puis encore un « «oui » à sa maladie, à sa souffrance… ce « oui » qui a tant donné à l’Eglise ! Et quand il fut élu, le pape Benoit XVI, dans sa première audience, parlait de ce que durant le conclave il voyait se profiler. Il parlait de cette guillotine qui se rapprochait de lui : c’est avec stupeur et terreur qu’il a vu se dérouler cette élection ! Et toujours dans cette première audience, je me rappelle qu’un confrère lui avait écrit un billet qui disait : « Tu as bien prêché sur le « oui » de Jean-Paul II ; si à présent il devait arriver que tu doives dire « oui », fais-le ! Dis « oui » ! ». Le Pape Benoit XVI a dit que ce billet l’avait encouragé à dire « oui ».
C’est toujours ainsi dans la vie chrétienne et d’une certaine manière dans toute vie humaine : vient un moment où nous sommes appelés nous, et pas un autre : moi, à présent, je dois faire le pas, je dois dire « oui », je dois me donner, comme le Bon Samaritain a fait en cet instant. Il a compris, non pas après une longue réflexion, mais il su dans ses entrailles que « maintenant je suis appelé ». Mère Elvira a du expérimenter quelque chose de ce genre dans son appel, dans sa vocation: ne pas passer outre les souffrances qu’elle voyait. Et nous sommes tous appelés à donner ce que nous avons. Nous n’avons ni or ni argent – si par hasard vous en avez de trop, vous pouvez le laisser ici : ça sert à la Communauté… En américain ceci s’appelle «fund raising » !- mais chacun de nous est appelé à  donner soi-même. Je m’émerveille de la façon dont Pierre et Jean, passant et voyant ce pauvre, ont eu le courage de faire ce geste. Probablement n’ont-ils pas trop réfléchi, ils n’ont pas fait une « réunion » pour décider : ils ont fait le geste du « oui ». Voici le Bon Samaritain qui a fait ce geste qui a porté du fruit. Aujourd’hui nous faisons mémoire de geste fondateur de la Communauté qui a porté tant de fruits et continu d’en porter.
Quand je suis avec la Communauté Cenacolo, j’ai toujours le désir de ne pas parler mais d’écouter, parce que  les témoignages que vous pouvez donner vous sont tellement riches. Ce matin, après mon enseignement, j’ai reçu un premier témoignage qui m’a beaucoup aidé,  puis un second dans le film sur la reconnaissance de l’Eglise à travers une parole du Cardinal Rylko.
Ce matin après l’enseignement, quelqu’un m’a dit : « regarde que le Bon Samaritain, quand il a laissé le blessé à l’auberge, il a donné deux talents et il a dit : « si ça ne suffit pas je paierai à mon retour ce qui manque » ». Et  il m’a dit une chose très belle : « Jésus a déjà payé deux talents pour nous : sur la croix ! mais à son retour que nous attendons tous, que nous désirons tous, à son retour dans la gloire, il paiera encore ce qui manque. Quelle consolation pour nous, blessés, éprouvés, de savoir que quand il retournera, le Christ paiera encore une fois pour nous dans sa miséricorde ! » Je voulais vous transmettre cette réflexion de l’un d’entre vous, et il y en aurait tant d’autres sur cette parabole.
Pour conclure, je voudrais répéter ce qu’a dit le Cardinal Rylko, quand il a reconnu la Communauté. J’ai entendu les paroles de Mère Elvira… Ces paroles si belles et si simples, répétées par le Cardinal : « aimer, aimer, aimer ». Mais le Cardinal a aussi ajouté : « Cette auberge dans laquelle le blessé a été porté par le Bon Samaritain, c’est le Cenacolo : vos Fraternités sont ces « auberges » où le Bon Samaritain porte les blessés de la rue, de la drogue, de l’alcool… les blessés de la vie ! » Quelle belle image l’Eglise par la voix du Cardinal Rylko a donné de vous : être cette auberge dans laquelle le Christ, au travers de ses collaborateurs, vous tous qui aidez, porte le blessé, porte chacun de nous, de vous.
Que la Communauté Cenacolo soit toujours cette « auberge » ou l’on peut trouver la santé et le salut. Et vous pourrez, comme le paralytique de la Belle Porte, sauter de joie et louer Dieu.

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